Port-Clément dans les Landes : le lieu fictif d’Erica, entre Hossegor et Capbreton
Une petite ville portuaire baignée de lumière, un front de mer animé, des villas discrètes cachées derrière les pins : Port-Clément semble exister quelque part sur la côte atlantique. Pourtant, aucune carte ne mentionne ce nom. Port-Clément est un lieu fictif imaginé pour la série Erica, diffusée sur TF1, et sa géographie réelle se trouve entièrement dans les Landes, entre Hossegor et les communes voisines.
Port-Clément, un nom inventé pour une géographie bien réelle
Port-Clément n’apparaît sur aucun registre administratif français. C’est une commune fictive créée pour les besoins du scénario, à la manière de nombreuses séries policières qui préfèrent inventer un nom plutôt que de figer l’intrigue sur une ville existante. Cette liberté scénaristique permet à l’équipe de production de composer un décor sur mesure en piochant dans plusieurs lieux réels, sans que les habitants d’une commune précise se retrouvent associés malgré eux à une enquête criminelle fictive.

Dans le cas d’Erica, adaptation des romans de Camilla Läckberg, l’action se déroule dans une petite ville côtière qui rappelle l’ambiance de Fjällbacka, le village suédois où se situent les romans originaux. La transposition en France a nécessité de trouver un territoire capable de restituer cette même atmosphère : lumière particulière, mer omniprésente, vie de village resserrée autour du port. Les Landes, et plus précisément le secteur d’Hossegor, ont rempli ce rôle.
Pourquoi inventer une ville plutôt que d’en choisir une vraie ?
Recomposer un lieu fictif à partir de plusieurs communes réelles donne aux scénaristes une marge de manœuvre précieuse. Ils peuvent associer le port de l’une, la place de l’autre et la plage d’une troisième sans être contraints par la géographie effective de ces lieux. Port-Clément devient ainsi une synthèse de ce que les Landes ont de plus photogénique, assemblée pour servir l’intrigue plutôt que pour respecter une carte existante.
Où la série Erica a-t-elle été tournée dans les Landes ?
Le tournage s’est déroulé quasiment intégralement dans le département des Landes, en Nouvelle-Aquitaine. Hossegor constitue la base principale de production, mais l’équipe s’est déplacée sur plusieurs communes du littoral et de l’arrière-pays pour multiplier les décors et éviter la répétition visuelle d’un épisode à l’autre.

Hossegor, le point d’ancrage de Port-Clément
Hossegor fournit l’essentiel de l’identité visuelle de Port-Clément : son lac bordé de pins, ses villas d’architecture typiquement landaise et son ambiance balnéaire à part. La station, connue par ailleurs pour ses vagues appréciées des surfeurs, offre un cadre à la fois lumineux et intimiste, idéal pour une intrigue qui mêle vie de village et secrets bien gardés.
Capbreton, Seignosse et les communes limitrophes
Autour d’Hossegor, plusieurs communes complètent le tableau. Capbreton apporte ses quais et son port de pêche, Seignosse ses étendues de forêt et de dunes, Soustons son cadre plus intérieur, et Léon son lac et ses paysages plus sauvages. Saint-Geours-de-Maremne, Dax et Bayonne interviennent également comme lieux ponctuels, ce qui permet à la production de varier les ambiances sans quitter le département.
Les décors qui composent l’identité visuelle de Port-Clément
Ce qui frappe en regardant la série, c’est la cohérence de l’univers visuel, alors même qu’il résulte d’un assemblage de lieux différents. Les plages océanes, filmées sous une lumière changeante, alternent avec le calme du lac d’Hossegor et la densité de la forêt de pins qui structure tout l’arrière-pays landais. Les villas, avec leurs façades en bois et leurs volets colorés, ancrent la fiction dans une esthétique reconnaissable entre mille.
Le front de mer et les quais, décors de la vie quotidienne
Le front de mer et les quais de Capbreton servent régulièrement de toile de fond aux scènes de vie ordinaire des personnages : marché, commerces, rencontres improvisées. Ce sont ces lieux, filmés en plan large, qui donnent à Port-Clément son échelle de petite ville où tout le monde se connaît, un ressort narratif essentiel dans un polar où les secrets circulent vite entre voisins.
Le petit détail qui change la perception d’un décor
Un même lieu, filmé sous deux angles différents, peut devenir deux endroits distincts pour le spectateur. Une venelle d’Hossegor filmée le matin, dans une brume légère, ne raconte pas la même histoire que cette même venelle filmée en fin d’après-midi sous une lumière rasante. Les décorateurs et le chef opérateur jouent précisément de ce phénomène : en modifiant l’éclairage, l’heure de tournage ou le cadrage, un seul lieu réel peut nourrir plusieurs quartiers fictifs de Port-Clément. C’est ce travail de recomposition, invisible à l’œil non averti, qui explique pourquoi la ville fictive paraît à la fois cohérente et étonnamment vaste, alors qu’elle tient en réalité sur un territoire assez restreint.
Saison 1 et saison 2 : deux périodes de tournage, deux ambiances
Le tournage de la première saison a démarré à partir d’avril 2024, avec une diffusion des premiers épisodes le lundi 6 janvier à 21h10, sous forme de six épisodes de 52 minutes. La saison 2, elle, a été tournée entre mai et octobre 2025, sur une période nettement plus étendue qui a permis de couvrir des saisons météorologiques différentes.
Cette différence de calendrier se ressent à l’écran. Le tournage printanier de la première saison capte une lumière plus douce et des paysages encore verts, tandis que l’étalement de la saison 2 sur plusieurs mois, de la fin du printemps à l’automne, offre une palette plus large : ciels d’été éclatants sur les plages, puis lumières plus dorées et forêts plus denses à mesure que la saison avance. Pour une série dont l’identité visuelle repose autant sur le territoire que sur l’intrigue, ce choix de tournage étalé enrichit la texture des images.
Peut-on visiter les lieux de tournage d’Erica ?
Les communes qui ont servi de décor à Port-Clément sont des destinations touristiques établies, ce qui rend la visite tout à fait accessible en dehors de tout contexte lié à la série. Hossegor et son lac, Capbreton et son front de mer, Seignosse et ses dunes boisées se visitent comme n’importe quelle station du littoral landais, avec leurs commerces, leurs sentiers côtiers et leurs plages surveillées en saison.
Repérer les lieux sans plan officiel
Il n’existe pas, à ce jour, de parcours balisé officiel dédié aux amateurs de la série. Les fans les plus attentifs repèrent les lieux en comparant les scènes aux paysages reconnaissables : le tracé du lac d’Hossegor, la silhouette du port de Capbreton, les alignements de pins typiques de la forêt landaise. Cette démarche de reconnaissance fait d’ailleurs partie du plaisir pour beaucoup de spectateurs, qui apprécient de retrouver dans la réalité les décors qu’ils ont vus à l’écran.
Une mise en valeur touristique du territoire
Au-delà de l’aspect ludique, ce type de tournage participe à la valorisation d’un territoire déjà réputé pour ses paysages. En choisissant les Landes plutôt qu’une région plus attendue pour ce genre de polar, la production met en avant une identité régionale forte : océan, lacs, forêts et architecture locale, autant d’éléments qui donnent à Port-Clément sa personnalité propre, bien distincte des décors habituels du genre policier français.




